I. Eléments fondamentaux
Entamons par un peu de précision du sens des termes. Principe veut dire à la fois commencement et commandement. C'est-à-dire que le principe est source et maître des choses qui s’y rapportent.
Quant à ontique, il veut dire tout simplement (malgré l’exploitation particulière de Heidegger dans un sens relativement différent de l’original) : qui se rapporte à l’être.
Ainsi, le principe ontique est tout simplement l’être et sa considération comme fondement et comme maître des choses qui s’y rapportent. On pourrait ici nous faire l’objection que cela va de soi et, ça n’est d’ailleurs pas anodin, c’est en effet vrai. Mais ce qui va moins de soi est justement cette explicitation, cette invocation de l’être comme principe, et le détail de ce que pour nous elle implique.
Quand je dis être, je ne dis pas matière (hylê), je ne dis pas monde sensible, je ne dis pas existence… Et je ne dis pas plus monde intelligible (nous & eidos) ou essence... Parce que je ne tiens pas ces deux ordres comme fondamentalement distinguables. Pas plus que je n’accepte le postulat selon lequel l’être de notre monde serait causé par, et distinct de, un être tout autre et séparé comme le prétendent les dogmes mosaïques ou abrahamiques (selon l’expression que l’on privilégie).
L’être est la substance (ousia), le monde dans son entier. L’être est tout ; dieu n’étant pas s’il n’est tout.
Il s’agit donc de l’union de l’essence et de l’existence, du fond et de la forme, etc.
Je conçois l’unité, l’infinité, la totalité & la perfection de l’être comme des vérités qu’il est à la fois possible de sentir, de connaître, et de pratiquer. Cela parce qu’il est non seulement possible de, mais également impossible de ne pas, sentir, connaître et pratiquer l’être même, dont on est part. Cela nous amène à ma formulation d’une proposition concrète selon laquelle notre éthique doit être ouvertement fondée sur ces trois éléments que sont :
- le sentiment de l’être, que l’on appelle couramment la mystique,
- la connaissance de l’être, que l’on appelle couramment la science,
- la pratique de l’être, que l’on appelle couramment la santé.
Le principe ontique tel que je le conçois implique donc une éthique dont ces éléments sont le cœur, mais, comme il est aisé de constater, il ne s’agit pas d’une éthique dans un sens restrictif, d’un ensemble d’habitudes ou d’une disposition de tel ou tel type qui serait éventuellement remplaçable par autre chose. Il s’agit d’une éthique ontique et donc inévitable, consubstantielle à notre être. L’option quand à l’attitude possible à avoir eus égard à cette éthique ne peut donc être que : la vivre bien, ou mal. Et nous voici ainsi face au problème de la valeur, posé avec d’autant plus d’acuité que l’on a affirmé la perfection du monde. La réponse que je propose est que si l’être, et donc le monde, est absolument parfait, ce qui ne peut être que le cas à partir du moment où il est l’absolu même (je rappelle qu’un défaut, étymologiquement, signifie un manquement), pour autant les parts de l’être ne sont par définition pas l’absolu à leur niveau, et donc pas parfaites à leur niveau, et l’inscription de l’homme dans son environnement proche, ou d’une personne dans une société (c'est-à-dire d’une part de l’être dans une autre) n’est ainsi pas parfaite pour lui. De ceci découle le fait que le bon et le mauvais sont relatifs aux êtres particuliers, et non pas à l’être total. Le bien pour un être particulier est ce qui est bon pour un être particulier ; ce qui sert l’optimisation de sa vie-survie. La question de la morale, que je définis comme doctrine du bien être, ou du bien vivre l’éthique naturelle, se pose donc à divers niveaux, ceux d’appartenance de la personne. Et nous quittons la le domaine le plus général, pour arriver à celui du niveau cardinal d’appartenance des humains qui est pertinent en notre temps.
II. Nomos de notre Terre
J’ai expliqué pourquoi je pensais que la morale est relative, maintenant je vais tenter d’expliquer de façon satisfaisante pourquoi je conçois l’ensemble géno-civilisationnel comme l’espace actuellement nécessaire de la détermination de cette morale pour les personnes. Les sujets moraux étant bien de façon cruciale les personnes, puisque c’est à ce niveau qu’elles ont la possibilité maximale d’activité au service de l’accomplissement de leur être ; c’est-à-dire que c’est là qu’elles ont le plus de liberté. Notez bien que je parle de personne et non d’individu, puisque si je reconnais l’importance de ce niveau, je ne conçois en rien qu’il soit suprêmement unique dans l’ordre des fidélités justes. J’irais d’ailleurs jusqu’à dire que la personne n’est pas seulement ce que l’on désigne couramment sous le nom d’individu, ou même de personne, mais qu’elle est aussi partiellement ses ancêtres et ses descendants physiques (avec qui elle partage de son être, en l’occurrence biologique, génétique) ainsi même que partiellement toutes celles et ceux, de même que les choses, avec qui elle a interagit (en ce qu’elle a imprimé son être en eux de par sa présence ; je renvoie à cet égard aux travaux de neurologues qui ont découvert que les souvenirs pérennes correspondaient à des créations d’assemblages neuronaux nouveaux, par exemple). La personne dépasse l’individu (que l’on pourrait qualifier de centre, ou de noyau, qui se poursuit en dehors en une infinité de degrés ontiques, étant ainsi fondue à sa place dans l’être total) de beaucoup, mais elle est aussi un animal politique, donc social, et elle dépend de son rapport à d’autres pour son bien propre. L’objet de ce paragraphe est donc de déterminer quel niveau social doit prédominer pour les personnes en notre temps.
Afin de parvenir à une réponse adéquate, il convient de se pencher un peu sur l’histoire.
L’évolution constatée de l’humanité atteste de l’évolution contingente des niveaux cardinaux d’appartenance sociale. Ainsi on a vu les petites communautés de chasseurs-cueilleurs laisser place aux plus larges communautés agricultrices, aux tribus nomades pastorales, aux cités-Etats, aux empires, puis à la forme moderne de l’Etat-nation. Chaque évolution, de par son être même qui légitime absolument son existence (non pas irrémédiablement, s’entend, mais tant qu’elle est ; la mort de quelque chose étant tout aussi absolument légitimée par son occurrence), a prouvée sa pertinence. Chaque évolution répondait à des changements profonds dans les conditions et/ou les moyens de vie des populations concernées. Il nous incombe donc de chercher à déterminer si la forme de l’Etat-nation est encore pertinente, ou si elle ne l’est plus.
L’Etat-nation est né, du moins il me semble, comme produit de la combinaison d’une auto-disqualification de la noblesse monarchique (ayant perdu le sens de ce qui avait longtemps été sa mission) et d’une volonté de puissance (saine et naturelle en soi) de la bourgeoisie. La bourgeoisie a alors fait la Révolution française, pris l’Etat, en affirmant le faire au nom du peuple (de l’ex-royaume) tout entier. La configuration résultante a donné cette coïncidence moderne de l’Etat et de la ‘nation’, qui s’est progressivement répandue un peu partout sur la planète. Seulement, en quelque sorte, dès son avènement cette forme était défectueuse, puisque si elle affirmait la dite coïncidence, elle ne définissait qu’en des termes très abstraits ce qu’était la nation, et fondait son idéologie légitimatrice sur des postulats néo-chrétiens allant à l’encontre d’une légitimité en soi de l’existence même de la nation. Les droits-de-l’homme étant ‘universels’, les personnes (prises seulement comme individus, justement) sont égales, ce qui étymologiquement renvoie à indistinguables, et donc nécessairement a-nationales, pour ne pas dire antinationales. D’ailleurs il est très signifiant que la Révolution française a plagiée la Révolution américaine, qui avait pourtant ceci de singulier qu’elle était faite par et pour des déracinés volontaires, et sur une terre dont les indigènes avaient préalablement été soigneusement spoliés et anéantis. L’incohérence interne de l’Etat-nation français (puis européen, puis quasi-hégémonique), fruit d’une transposition inopportune et opportuniste d’un modèle étranger profondément singulier, n’a pu que se manifester en une dynamique de dissociation, précisément, de l’Etat et de la nation. Cette évolution est claire quand on observe la dérive idéologique et discursive qui a eu lieu entre l’amour pour les paroles enracinées et guerrières de la Marseillaise dominant hier, et le culte de l’Autre, de l’exotisme, de l’hétérogénéité ethnique, culturelle, et civilisationnelle dominant aujourd’hui. Nous constatons corrélativement la transformation de la ‘nation’ en une masse incohérente, déracinée et atomisée, ainsi qu’hédoniste, existentialiste et individualiste, dont le rapport au domaine public est celui de cliente des services d’un Etat devenu administration pléthorique, autocrate, inefficace et ruineuse (nombreux ayant suivi l’exemple hypocrite, opportuniste et spoliateur des bourgeois de la Révolution).
Au-delà du cycle morbide, tout compte fait inhérent et naturel, qui tient l’Etat-nation ‘humaniste’ tel qu’il est depuis qu’il est né, tournons-nous vers une dynamique qui pour ne pas y être vraiment étrangère, est tout de même plus globale. Je parle évidemment de ce qu’on appelle la globalisation. Ceci est d’abord un fait, non pas une opinion ou une idéologie. C’est le mouvement de rapprochement général correspondant au déploiement moderne de la Technique. Après l’on peut apprécier cette globalisation diversement. Toujours est-il que l’on conçoit difficilement qu’elle puisse être annulée, ou qu’il n’y ait pas en elle de choses bénéfiques, de moyens de puissance, d’optimisation de vie-survie, pour tous, nous, moi, ou moi, nous, tous. Considérant ceci, il est une certitude : les effets de la globalisation doivent être pris en compte quand à l’organisation sociale de notre temps. Or qu’impliquent-ils ? Ils impliquent notamment, ce n’est nié par personne je crois, le développement radical de deux ensembles, qui sont tous les deux singuliers par deux mêmes aspects : il s’agit de l’Inde et de la Chine.
Leurs deux attributs remarquables sont :
- leur forme, celle de l’Etat-nation moderne (et plus proche du modèle idéal que du modèle ‘humaniste’, tout particulièrement la Chine),
- leurs poids démographiques, qui sont gigantesques (presque un tiers de l’humanité à elles deux).
Ainsi voici que la Technique offre progressivement à deux entités largement nationales et unifiées par des Etats, et composant une masse de population monstrueuse, les moyens de puissance qui jusqu’à peu étaient réservées grosso modo à ceux qui les avaient élaboré (l’Europe, puis ‘l’Occident’). Que faut-il en déduire pour nous ?
Le « nous » en question restant encore à définir ; j’en suis conscient et j’y viens.
Le modèle de l’Etat-nation, de surcroît dans sa forme structurellement corrompue, peut-il convenir au nouveau monde géostratégique ? De toujours plus petites nations, en termes de puissance et de population relatives, toujours plus factices – en réalité des sociétés (gesellschaft, non gemeinschaft) dont il est sage d’accepter d’imaginer la possibilité qu’elles ne soient même pas viables intérieurement – pourront-elles assurer aux mieux l’optimisation de vie-survie des personnes qu’elles encadrent dans le nouveau monde ? La réponse est non.
La France de demain seule ne pèsera rien face à la Chine ou à l’Inde, et risque même de peser fort peu par rapport à des pays bien moins importants aujourd’hui (considérez qu’en 1800 la France comptait 30 millions d’habitants et l’Egypte 2.5, et qu’aujourd’hui la France en compte 64 et l’Egypte 78 – sans mentionner la part d’immigration peu assimilable dans la population dite française, et le différentiel d’âge moyen entre les deux pays).
L’explosion démographique du tiers-monde, que certains doctes démographes comme Emmanuel Todd se plaisent à minimiser (il y a baisse progressive de la natalité du Tiers Monde ? certes, mais le boom a déjà eu lieu et est encore en cours, et pour certains, comme moi, attachés à leur être plus qu’à quelque mortification chrétienne, ou qu’à quelque indifférence scientiste, c’est un problème majeur que la part de la population européenne soit passée de plus de 25% à moins de 10% de la population mondiale en 100 ans – là encore, sans mentionner le sinistre vieillissement).
L’Etat-nation historique, tel que nous l’avons connu depuis la récupération et l’extrêmisation par la France du modèle révolutionnaire des USA, est donc plausiblement non-viable en soi, et certainement non-viable dans le contexte du monde nouveau. Alors, que faire ?
Tout comme je stipulais qu’il n’y a rien d’étonnant pour personne à ce que l’être doit être appréhendé comme fondation de tout l’ordre de ce qui est, ou encore comme je disais que les fondements de l’éthique que je propose sont déjà les fondements de toute éthique actuelle, car il n’a pu y en avoir d’autre tant ils sont immanents chez l’homme, tant ils lui sont propre, et bien je pense que peu de lecteurs seront ébahis de me lire proposer l’avènement des ensembles géno-civilisationnels comme niveau cardinal d’appartenance sociale en notre temps.
C’est une proposition si peu étonnante qu’un peu partout l’on constate déjà, à des degrés de plus ou moins grande intensité, et plus ou moins fondamentalement bien, ou mal, le fourmillement d’hommes dédiés aux bien des leurs qui essayent de faire advenir cet avènement. L’Union Européenne est une illustration éclatante de ce processus, bien que sa construction pêche à maints égards. Les mouvements touranien (ou pan-turc, selon l’appellation que l’on privilégie), berbère, noir-africain (avec la tentative de construction d’une Union Africaine sur le modèle de l’UE, qui malgré qu’elle ne corresponde pas à un ensemble géno-civilisationnel, mais déborde, reste un début prometteur), les tentatives d’unions économiques régionales comme l’ALENA et l’ASEAN, etc. sans oublier les mouvements géno-civilisationnels dans les deux puissances émergeantes déjà constituées que sont l’Inde (mouvement Hindutva) et la Chine (nationalisme d’Etat, en l’occurrence).
L’ère des ensembles géno-civilisationnels, à la suite de celui des Etat-nations, est historiquement et naturellement nécessaire, et déjà en train d’advenir. Historiquement, nous venons de voir pourquoi. Mais naturellement ?
Oui, parce que c’est par là que pourra se refermer et se cautériser une blessure.
La blessure de la dissociation moderne de l’essence et de l’existence ; cette aliénation dans la conscience des hommes qui trouve ses racines dans les conceptions aussi bien de Platon que du judaïsme et de ses successeurs. Cette blessure est celle qui résulte du postulat : le réel est l’absent, l’important n’est pas là, le sens est produit d’un arbitraire absolu tout autre que ce que l’on pourrait croire être l’être si on ne nous informait pas de tel ou tel dogme explicitant cette ‘vérité’.
On peut trouver des conséquences de cette néfaste dissociation (qui a aussi été fonctionnelle, je ne le nie pas, puisqu’elle a été) jusque dans l’affaire Dreyfus, ou le Bien était scindé en deux. Les dreyfusards ayant raison de ne pas accepter la condamnation d’un innocent. Et les antidreyfusards ayant raison de ne vouloir être rabaissée l’armée et la nation pour personne. Quand le problème de fond s’il eut été posé clairement, relevait de la politique, et non du judiciaire, et n’était jamais que la vieille question juive : doit-il y avoir des juifs dans le commandement militaire français ? était la véritable question. Et donc : n’y-a-t-il pas contradiction entre la nature essentielle de l’Etat-nation français et l’idéologie ‘humaniste’ qui prétend le légitimer ?
Et donc : ne doit-il pas y avoir unité entre l’idée et la fait, l’esprit et la matière, l’essence et l’existence ?
(…)
Je pense que l’avènement de l’ère des patries géno-civilisationnelles passera par ce que j’appelle l’Apocatastase. Ce terme désigne à la fois instauration et restauration, établissement et rétablissement. Et il correspondrait donc à la radicale évolution cognitive et comportementale que serait la réunion de l’essence et de l’existence en l’être. Concrètement, elle impliquerait l’advenir de la martialité, du personnalisme, du culte de l’étude, de l’organisation de la meilleure satisfaction possible des trois piliers éthiques, etc.
III. Le symbole possible
L’Etoile Ontique est ce que j’ai conçu comme symbole pour représenter disons, l’adhésion au principe ontique.
La forme de l’Etoile Ontique est une composition de divers éléments ayant divers sens.
On y trouve évidemment fondamentalement le principe solaire, source et garantie de toute vie.
On y trouve aussi les couleurs : noire très légèrement bleutée (libertarisme/identitarisme ; évocation du ‘chaos’ perçu comme originaire selon Hésiode, parmi d’autres ; violence ; etc.), jaune (or ; lumière ; feu ; raison constructrice ; concorde ; etc.), blanche (pureté & totalité), rouge (sang ; autre feu ; pouvoir et souveraineté).
Le blanc, ainsi que le bleu et l’or, étant d’anciennes couleurs monarchiques françaises ; le noir et l’or étant d’anciennes couleurs du Saint Empire Romain Germanique, ainsi que des empires autrichien et russe ; le bleu, le blanc et le rouge étant les couleurs de la république (république sur laquelle Barrès s’est jadis exprimé) ; etc.
L’étoile a 8 branches. Le 8 symbolisant l’équilibre cosmique, la perfection, la résurrection…
Elle évoque notamment la roue du dharma (« ordre ») bouddhique, ainsi que la croix baptismale de la chrétienté grecque. Et même la dite « étoile du chaos ».
Le cœur de l’étoile, de façon correspondante à l’étoile dans son ensemble, est de forme octogonale, évoquant le centre (de Tout), l’œuf, la perle, etc.
IV. Survol des avantages pratiques de l’ontique
Les avantages pratiques du panthéisme ontique sont nombreux :
- Justification de l’assertivité ontique (dont on a tendance à stigmatiser une partie important sous le vocable de xénophobie aujourd’hui).
- Actualisation du principe traditionnel de légitimation ontologique à un ordre éthico-politique (cad droit naturel authentique / a contrario des tentatives modernes de fondement de l’ordre éthico-politique purement théoriquement, sur des raisonnements, et en fait aussi sur des postulats crypto-religieux tel que les ‘droits de l’homme’).
- Exploitation de toute une collection de sources idéologiques importantes et respectées (potentiellement notamment : Parménide, Aristote, Bruno, Spinoza, Leibniz, Nietzsche, Heidegger, Patocka, etc.) / cadre d’une réinterprétation historique générale / moyen de fédération global derrière un projet unique / je pense que l’on peut même affirmer que le panthéisme ontique est un aboutissement nécessaire de la ‘laïcité’ ; une issue au nihilisme, à l’anomie, à l’atomisation sociétale,
- Fondement suffisamment important pour servir de base à un processus de constitution de contre-société ; de régénération incarnée et impériale, pour ainsi dire,
- C’est en plaçant les choses à ce niveau (‘religieux’, idéologique) que l’on peut affecter vraiment l’état des choses / c’est là que l’on peut abattre les postulats nuisibles, générer des motivations et des dispositions au sacrifice nécessaire (par ex, je pense qu’une campagne d’attentats suicides est nécessaire en Europe)…
Et surtout, ce que j’appelle le panthéisme ontique est crucialement, par définition, un moyen de s’inscrire dans une démarche de quête et d’entretien de la vérité de l’être, et donc de la vérité de l’Être, et donc de la Vérité tout court.
Tout ceci étant dit, je suis tout à fait en accord avec la démarche Identitaire d’enracinement, de patriotisme régional, français et européen, etc. Je pense que les deux dimensions sont éminemment complémentaires.
Entamons par un peu de précision du sens des termes. Principe veut dire à la fois commencement et commandement. C'est-à-dire que le principe est source et maître des choses qui s’y rapportent.
Quant à ontique, il veut dire tout simplement (malgré l’exploitation particulière de Heidegger dans un sens relativement différent de l’original) : qui se rapporte à l’être.
Ainsi, le principe ontique est tout simplement l’être et sa considération comme fondement et comme maître des choses qui s’y rapportent. On pourrait ici nous faire l’objection que cela va de soi et, ça n’est d’ailleurs pas anodin, c’est en effet vrai. Mais ce qui va moins de soi est justement cette explicitation, cette invocation de l’être comme principe, et le détail de ce que pour nous elle implique.
Quand je dis être, je ne dis pas matière (hylê), je ne dis pas monde sensible, je ne dis pas existence… Et je ne dis pas plus monde intelligible (nous & eidos) ou essence... Parce que je ne tiens pas ces deux ordres comme fondamentalement distinguables. Pas plus que je n’accepte le postulat selon lequel l’être de notre monde serait causé par, et distinct de, un être tout autre et séparé comme le prétendent les dogmes mosaïques ou abrahamiques (selon l’expression que l’on privilégie).
L’être est la substance (ousia), le monde dans son entier. L’être est tout ; dieu n’étant pas s’il n’est tout.
Il s’agit donc de l’union de l’essence et de l’existence, du fond et de la forme, etc.
Je conçois l’unité, l’infinité, la totalité & la perfection de l’être comme des vérités qu’il est à la fois possible de sentir, de connaître, et de pratiquer. Cela parce qu’il est non seulement possible de, mais également impossible de ne pas, sentir, connaître et pratiquer l’être même, dont on est part. Cela nous amène à ma formulation d’une proposition concrète selon laquelle notre éthique doit être ouvertement fondée sur ces trois éléments que sont :
- le sentiment de l’être, que l’on appelle couramment la mystique,
- la connaissance de l’être, que l’on appelle couramment la science,
- la pratique de l’être, que l’on appelle couramment la santé.
Le principe ontique tel que je le conçois implique donc une éthique dont ces éléments sont le cœur, mais, comme il est aisé de constater, il ne s’agit pas d’une éthique dans un sens restrictif, d’un ensemble d’habitudes ou d’une disposition de tel ou tel type qui serait éventuellement remplaçable par autre chose. Il s’agit d’une éthique ontique et donc inévitable, consubstantielle à notre être. L’option quand à l’attitude possible à avoir eus égard à cette éthique ne peut donc être que : la vivre bien, ou mal. Et nous voici ainsi face au problème de la valeur, posé avec d’autant plus d’acuité que l’on a affirmé la perfection du monde. La réponse que je propose est que si l’être, et donc le monde, est absolument parfait, ce qui ne peut être que le cas à partir du moment où il est l’absolu même (je rappelle qu’un défaut, étymologiquement, signifie un manquement), pour autant les parts de l’être ne sont par définition pas l’absolu à leur niveau, et donc pas parfaites à leur niveau, et l’inscription de l’homme dans son environnement proche, ou d’une personne dans une société (c'est-à-dire d’une part de l’être dans une autre) n’est ainsi pas parfaite pour lui. De ceci découle le fait que le bon et le mauvais sont relatifs aux êtres particuliers, et non pas à l’être total. Le bien pour un être particulier est ce qui est bon pour un être particulier ; ce qui sert l’optimisation de sa vie-survie. La question de la morale, que je définis comme doctrine du bien être, ou du bien vivre l’éthique naturelle, se pose donc à divers niveaux, ceux d’appartenance de la personne. Et nous quittons la le domaine le plus général, pour arriver à celui du niveau cardinal d’appartenance des humains qui est pertinent en notre temps.
II. Nomos de notre Terre
J’ai expliqué pourquoi je pensais que la morale est relative, maintenant je vais tenter d’expliquer de façon satisfaisante pourquoi je conçois l’ensemble géno-civilisationnel comme l’espace actuellement nécessaire de la détermination de cette morale pour les personnes. Les sujets moraux étant bien de façon cruciale les personnes, puisque c’est à ce niveau qu’elles ont la possibilité maximale d’activité au service de l’accomplissement de leur être ; c’est-à-dire que c’est là qu’elles ont le plus de liberté. Notez bien que je parle de personne et non d’individu, puisque si je reconnais l’importance de ce niveau, je ne conçois en rien qu’il soit suprêmement unique dans l’ordre des fidélités justes. J’irais d’ailleurs jusqu’à dire que la personne n’est pas seulement ce que l’on désigne couramment sous le nom d’individu, ou même de personne, mais qu’elle est aussi partiellement ses ancêtres et ses descendants physiques (avec qui elle partage de son être, en l’occurrence biologique, génétique) ainsi même que partiellement toutes celles et ceux, de même que les choses, avec qui elle a interagit (en ce qu’elle a imprimé son être en eux de par sa présence ; je renvoie à cet égard aux travaux de neurologues qui ont découvert que les souvenirs pérennes correspondaient à des créations d’assemblages neuronaux nouveaux, par exemple). La personne dépasse l’individu (que l’on pourrait qualifier de centre, ou de noyau, qui se poursuit en dehors en une infinité de degrés ontiques, étant ainsi fondue à sa place dans l’être total) de beaucoup, mais elle est aussi un animal politique, donc social, et elle dépend de son rapport à d’autres pour son bien propre. L’objet de ce paragraphe est donc de déterminer quel niveau social doit prédominer pour les personnes en notre temps.
Afin de parvenir à une réponse adéquate, il convient de se pencher un peu sur l’histoire.
L’évolution constatée de l’humanité atteste de l’évolution contingente des niveaux cardinaux d’appartenance sociale. Ainsi on a vu les petites communautés de chasseurs-cueilleurs laisser place aux plus larges communautés agricultrices, aux tribus nomades pastorales, aux cités-Etats, aux empires, puis à la forme moderne de l’Etat-nation. Chaque évolution, de par son être même qui légitime absolument son existence (non pas irrémédiablement, s’entend, mais tant qu’elle est ; la mort de quelque chose étant tout aussi absolument légitimée par son occurrence), a prouvée sa pertinence. Chaque évolution répondait à des changements profonds dans les conditions et/ou les moyens de vie des populations concernées. Il nous incombe donc de chercher à déterminer si la forme de l’Etat-nation est encore pertinente, ou si elle ne l’est plus.
L’Etat-nation est né, du moins il me semble, comme produit de la combinaison d’une auto-disqualification de la noblesse monarchique (ayant perdu le sens de ce qui avait longtemps été sa mission) et d’une volonté de puissance (saine et naturelle en soi) de la bourgeoisie. La bourgeoisie a alors fait la Révolution française, pris l’Etat, en affirmant le faire au nom du peuple (de l’ex-royaume) tout entier. La configuration résultante a donné cette coïncidence moderne de l’Etat et de la ‘nation’, qui s’est progressivement répandue un peu partout sur la planète. Seulement, en quelque sorte, dès son avènement cette forme était défectueuse, puisque si elle affirmait la dite coïncidence, elle ne définissait qu’en des termes très abstraits ce qu’était la nation, et fondait son idéologie légitimatrice sur des postulats néo-chrétiens allant à l’encontre d’une légitimité en soi de l’existence même de la nation. Les droits-de-l’homme étant ‘universels’, les personnes (prises seulement comme individus, justement) sont égales, ce qui étymologiquement renvoie à indistinguables, et donc nécessairement a-nationales, pour ne pas dire antinationales. D’ailleurs il est très signifiant que la Révolution française a plagiée la Révolution américaine, qui avait pourtant ceci de singulier qu’elle était faite par et pour des déracinés volontaires, et sur une terre dont les indigènes avaient préalablement été soigneusement spoliés et anéantis. L’incohérence interne de l’Etat-nation français (puis européen, puis quasi-hégémonique), fruit d’une transposition inopportune et opportuniste d’un modèle étranger profondément singulier, n’a pu que se manifester en une dynamique de dissociation, précisément, de l’Etat et de la nation. Cette évolution est claire quand on observe la dérive idéologique et discursive qui a eu lieu entre l’amour pour les paroles enracinées et guerrières de la Marseillaise dominant hier, et le culte de l’Autre, de l’exotisme, de l’hétérogénéité ethnique, culturelle, et civilisationnelle dominant aujourd’hui. Nous constatons corrélativement la transformation de la ‘nation’ en une masse incohérente, déracinée et atomisée, ainsi qu’hédoniste, existentialiste et individualiste, dont le rapport au domaine public est celui de cliente des services d’un Etat devenu administration pléthorique, autocrate, inefficace et ruineuse (nombreux ayant suivi l’exemple hypocrite, opportuniste et spoliateur des bourgeois de la Révolution).
Au-delà du cycle morbide, tout compte fait inhérent et naturel, qui tient l’Etat-nation ‘humaniste’ tel qu’il est depuis qu’il est né, tournons-nous vers une dynamique qui pour ne pas y être vraiment étrangère, est tout de même plus globale. Je parle évidemment de ce qu’on appelle la globalisation. Ceci est d’abord un fait, non pas une opinion ou une idéologie. C’est le mouvement de rapprochement général correspondant au déploiement moderne de la Technique. Après l’on peut apprécier cette globalisation diversement. Toujours est-il que l’on conçoit difficilement qu’elle puisse être annulée, ou qu’il n’y ait pas en elle de choses bénéfiques, de moyens de puissance, d’optimisation de vie-survie, pour tous, nous, moi, ou moi, nous, tous. Considérant ceci, il est une certitude : les effets de la globalisation doivent être pris en compte quand à l’organisation sociale de notre temps. Or qu’impliquent-ils ? Ils impliquent notamment, ce n’est nié par personne je crois, le développement radical de deux ensembles, qui sont tous les deux singuliers par deux mêmes aspects : il s’agit de l’Inde et de la Chine.
Leurs deux attributs remarquables sont :
- leur forme, celle de l’Etat-nation moderne (et plus proche du modèle idéal que du modèle ‘humaniste’, tout particulièrement la Chine),
- leurs poids démographiques, qui sont gigantesques (presque un tiers de l’humanité à elles deux).
Ainsi voici que la Technique offre progressivement à deux entités largement nationales et unifiées par des Etats, et composant une masse de population monstrueuse, les moyens de puissance qui jusqu’à peu étaient réservées grosso modo à ceux qui les avaient élaboré (l’Europe, puis ‘l’Occident’). Que faut-il en déduire pour nous ?
Le « nous » en question restant encore à définir ; j’en suis conscient et j’y viens.
Le modèle de l’Etat-nation, de surcroît dans sa forme structurellement corrompue, peut-il convenir au nouveau monde géostratégique ? De toujours plus petites nations, en termes de puissance et de population relatives, toujours plus factices – en réalité des sociétés (gesellschaft, non gemeinschaft) dont il est sage d’accepter d’imaginer la possibilité qu’elles ne soient même pas viables intérieurement – pourront-elles assurer aux mieux l’optimisation de vie-survie des personnes qu’elles encadrent dans le nouveau monde ? La réponse est non.
La France de demain seule ne pèsera rien face à la Chine ou à l’Inde, et risque même de peser fort peu par rapport à des pays bien moins importants aujourd’hui (considérez qu’en 1800 la France comptait 30 millions d’habitants et l’Egypte 2.5, et qu’aujourd’hui la France en compte 64 et l’Egypte 78 – sans mentionner la part d’immigration peu assimilable dans la population dite française, et le différentiel d’âge moyen entre les deux pays).
L’explosion démographique du tiers-monde, que certains doctes démographes comme Emmanuel Todd se plaisent à minimiser (il y a baisse progressive de la natalité du Tiers Monde ? certes, mais le boom a déjà eu lieu et est encore en cours, et pour certains, comme moi, attachés à leur être plus qu’à quelque mortification chrétienne, ou qu’à quelque indifférence scientiste, c’est un problème majeur que la part de la population européenne soit passée de plus de 25% à moins de 10% de la population mondiale en 100 ans – là encore, sans mentionner le sinistre vieillissement).
L’Etat-nation historique, tel que nous l’avons connu depuis la récupération et l’extrêmisation par la France du modèle révolutionnaire des USA, est donc plausiblement non-viable en soi, et certainement non-viable dans le contexte du monde nouveau. Alors, que faire ?
Tout comme je stipulais qu’il n’y a rien d’étonnant pour personne à ce que l’être doit être appréhendé comme fondation de tout l’ordre de ce qui est, ou encore comme je disais que les fondements de l’éthique que je propose sont déjà les fondements de toute éthique actuelle, car il n’a pu y en avoir d’autre tant ils sont immanents chez l’homme, tant ils lui sont propre, et bien je pense que peu de lecteurs seront ébahis de me lire proposer l’avènement des ensembles géno-civilisationnels comme niveau cardinal d’appartenance sociale en notre temps.
C’est une proposition si peu étonnante qu’un peu partout l’on constate déjà, à des degrés de plus ou moins grande intensité, et plus ou moins fondamentalement bien, ou mal, le fourmillement d’hommes dédiés aux bien des leurs qui essayent de faire advenir cet avènement. L’Union Européenne est une illustration éclatante de ce processus, bien que sa construction pêche à maints égards. Les mouvements touranien (ou pan-turc, selon l’appellation que l’on privilégie), berbère, noir-africain (avec la tentative de construction d’une Union Africaine sur le modèle de l’UE, qui malgré qu’elle ne corresponde pas à un ensemble géno-civilisationnel, mais déborde, reste un début prometteur), les tentatives d’unions économiques régionales comme l’ALENA et l’ASEAN, etc. sans oublier les mouvements géno-civilisationnels dans les deux puissances émergeantes déjà constituées que sont l’Inde (mouvement Hindutva) et la Chine (nationalisme d’Etat, en l’occurrence).
L’ère des ensembles géno-civilisationnels, à la suite de celui des Etat-nations, est historiquement et naturellement nécessaire, et déjà en train d’advenir. Historiquement, nous venons de voir pourquoi. Mais naturellement ?
Oui, parce que c’est par là que pourra se refermer et se cautériser une blessure.
La blessure de la dissociation moderne de l’essence et de l’existence ; cette aliénation dans la conscience des hommes qui trouve ses racines dans les conceptions aussi bien de Platon que du judaïsme et de ses successeurs. Cette blessure est celle qui résulte du postulat : le réel est l’absent, l’important n’est pas là, le sens est produit d’un arbitraire absolu tout autre que ce que l’on pourrait croire être l’être si on ne nous informait pas de tel ou tel dogme explicitant cette ‘vérité’.
On peut trouver des conséquences de cette néfaste dissociation (qui a aussi été fonctionnelle, je ne le nie pas, puisqu’elle a été) jusque dans l’affaire Dreyfus, ou le Bien était scindé en deux. Les dreyfusards ayant raison de ne pas accepter la condamnation d’un innocent. Et les antidreyfusards ayant raison de ne vouloir être rabaissée l’armée et la nation pour personne. Quand le problème de fond s’il eut été posé clairement, relevait de la politique, et non du judiciaire, et n’était jamais que la vieille question juive : doit-il y avoir des juifs dans le commandement militaire français ? était la véritable question. Et donc : n’y-a-t-il pas contradiction entre la nature essentielle de l’Etat-nation français et l’idéologie ‘humaniste’ qui prétend le légitimer ?
Et donc : ne doit-il pas y avoir unité entre l’idée et la fait, l’esprit et la matière, l’essence et l’existence ?
(…)
Je pense que l’avènement de l’ère des patries géno-civilisationnelles passera par ce que j’appelle l’Apocatastase. Ce terme désigne à la fois instauration et restauration, établissement et rétablissement. Et il correspondrait donc à la radicale évolution cognitive et comportementale que serait la réunion de l’essence et de l’existence en l’être. Concrètement, elle impliquerait l’advenir de la martialité, du personnalisme, du culte de l’étude, de l’organisation de la meilleure satisfaction possible des trois piliers éthiques, etc.
III. Le symbole possible
L’Etoile Ontique est ce que j’ai conçu comme symbole pour représenter disons, l’adhésion au principe ontique.
La forme de l’Etoile Ontique est une composition de divers éléments ayant divers sens.
On y trouve évidemment fondamentalement le principe solaire, source et garantie de toute vie.
On y trouve aussi les couleurs : noire très légèrement bleutée (libertarisme/identitarisme ; évocation du ‘chaos’ perçu comme originaire selon Hésiode, parmi d’autres ; violence ; etc.), jaune (or ; lumière ; feu ; raison constructrice ; concorde ; etc.), blanche (pureté & totalité), rouge (sang ; autre feu ; pouvoir et souveraineté).
Le blanc, ainsi que le bleu et l’or, étant d’anciennes couleurs monarchiques françaises ; le noir et l’or étant d’anciennes couleurs du Saint Empire Romain Germanique, ainsi que des empires autrichien et russe ; le bleu, le blanc et le rouge étant les couleurs de la république (république sur laquelle Barrès s’est jadis exprimé) ; etc.
L’étoile a 8 branches. Le 8 symbolisant l’équilibre cosmique, la perfection, la résurrection…
Elle évoque notamment la roue du dharma (« ordre ») bouddhique, ainsi que la croix baptismale de la chrétienté grecque. Et même la dite « étoile du chaos ».
Le cœur de l’étoile, de façon correspondante à l’étoile dans son ensemble, est de forme octogonale, évoquant le centre (de Tout), l’œuf, la perle, etc.
IV. Survol des avantages pratiques de l’ontique
Les avantages pratiques du panthéisme ontique sont nombreux :
- Justification de l’assertivité ontique (dont on a tendance à stigmatiser une partie important sous le vocable de xénophobie aujourd’hui).
- Actualisation du principe traditionnel de légitimation ontologique à un ordre éthico-politique (cad droit naturel authentique / a contrario des tentatives modernes de fondement de l’ordre éthico-politique purement théoriquement, sur des raisonnements, et en fait aussi sur des postulats crypto-religieux tel que les ‘droits de l’homme’).
- Exploitation de toute une collection de sources idéologiques importantes et respectées (potentiellement notamment : Parménide, Aristote, Bruno, Spinoza, Leibniz, Nietzsche, Heidegger, Patocka, etc.) / cadre d’une réinterprétation historique générale / moyen de fédération global derrière un projet unique / je pense que l’on peut même affirmer que le panthéisme ontique est un aboutissement nécessaire de la ‘laïcité’ ; une issue au nihilisme, à l’anomie, à l’atomisation sociétale,
- Fondement suffisamment important pour servir de base à un processus de constitution de contre-société ; de régénération incarnée et impériale, pour ainsi dire,
- C’est en plaçant les choses à ce niveau (‘religieux’, idéologique) que l’on peut affecter vraiment l’état des choses / c’est là que l’on peut abattre les postulats nuisibles, générer des motivations et des dispositions au sacrifice nécessaire (par ex, je pense qu’une campagne d’attentats suicides est nécessaire en Europe)…
Et surtout, ce que j’appelle le panthéisme ontique est crucialement, par définition, un moyen de s’inscrire dans une démarche de quête et d’entretien de la vérité de l’être, et donc de la vérité de l’Être, et donc de la Vérité tout court.
Tout ceci étant dit, je suis tout à fait en accord avec la démarche Identitaire d’enracinement, de patriotisme régional, français et européen, etc. Je pense que les deux dimensions sont éminemment complémentaires.


3 commentaires:
Etant entendu le principe ontique,vous dites :
"notre éthique doit être ouvertement fondée sur ces trois éléments que sont :
- le sentiment de l’être, que l’on appelle couramment la mystique,
- la connaissance de l’être, que l’on appelle couramment la science,
- la pratique de l’être, que l’on appelle couramment la santé."
Dans la mesure ou, dans votre système, si je comprend bien l'individualité, l'individu n'a pas tellement de sens, faut-il
1)stimuler, encourager ces trois niveaux
2) A quelle niveau, puisque l'individuelle n'a pas de sens, n'est pas interessant ?
3) influé par qui ? (une élite ? D'accord, mais sous quel critère est-elle definie ? un Empereur?)
4)De quelle manière si elle est à stimuler à l'ensemble du peuple (par des lois? Quelle genre?), n'est-ce pas une entreprise totale (ou totalitaire?) ?
Je ne dis pas vraiment que l'individu n'a pas de sens.
Je suis personnaliste, cad que je conçois la personne comme inscrite dans un corps de niveaux d'appartenances identitaires, et non pas comme une personne-individu, autonome seul.
1. Oui, il faut vivre en cultivant ces trois voies de l'être au monde, de l'existence.
2. Au niveau de la personne, donc.
3. Chacun est libre de respecter l'éthique droite et naturelle, mais il conviendrait evidemment qu'elle soit aussi instituée 'officiellement' d'une manière ou d'une autre.
4. Le totalitarisme est le produit du déracinement/aliénation des masses ; les masses restant déraçinées/aliénées il faut trouver comment prendre ce que le totalitarisme comporte de solution à la condition problématique, tout en mitigeant au maximum les effets néfastes. Il faut un semi-totalitarisme donc (le totalitarisme mou actuel est une entreprise de ce type, mais elle ne va pas, elle est ignoble).
Si j'acquiece globalement à ton exposé, permet moi de fair quelques remarques au sujet de la partie historique, tres grossiere et bien trop rapide (je conviens que cette partie n'est pas centrale mais plus illustrative dans ta demonstration).
Tout d'abord, le shéma que tu reprends porte bien sa qualification (de shéma) est s'il est commode il repete plusieurs erreurs.
La premiere est la vue teleologique (l'idée de progres, inéluctable et irrésistible) couplée à la seconde : l'ethno-centrisme ou l'européo-centrisme. Certaine civilations ont "évoluées" au contact de la modernité européenne, aussi bien intelectuelle, que systeme de pensée inédit ainsi que modernité technique ou du type d'organisation sociétale et surtout une organisation economique tres particuliere,le tout lié, evidemment (cf Fernand Braudel à la rigueur).
La plupart de ces evolutions pour ces autres civilisations, ou peuples isolés constituent leur dissolution ou leur disparition à ce contact de la modernité. C'est les premieres formes de mondialisations, ou de globalisation.
Cette globalisation, ce fait est donc une conséquence de la modernité meme. Je n'entre pas dans les details de sa formation successive, par vague evolutive,car ça serait trop long, de plus il faut bien composer avec, comme tu le dis. MAIS il ne faudrait pas voir cette globalisation au moins dans notre systeme de pensée comme un fait exterieur à notre ennemi qu'est la Modernité (je met un grand M car on ne l'a pas encore vraiment definie de plus dans mon esprit elle recoupe plusieurs domaines comme dit plus haut) Modernité qui a été produite est, soit imposée, soit simplement repandue au monde entrainant la destruction des identités.
Il est d'autant plus urgent de ne pas l'inscrire dans notre systeme de pensée comme un fait purement exterieure à ce contre quoi nous luttons et ainsi ne pas legitimer l'identité à l'echelon européenne de son simple fait car cela serait tendre l'argument à nos adversaires pour lesquels ils seraienta lors facile de dire : voyez l'etat de la globalisation actuelle, il n'y a pas d'autre choix que d'organiser le gouvernement-Monde, au mondialisme, au cosmopolitisme,etc. Et ainsi, apres avoir cru oeuvrer pour l'identité européenne, se faire retourner comme une crepe puisque du simple fait de la globalisation il n'y aura pas de raison de s'opposer au Mondialisme-Cosmopolitisme. C'est la conception de lEurope d'un rocard par exemple, qui considere que celle-ci à vocation, à terme à integrer la Turquie, les pays du Magrheb, etc. car elle est uen organisation politique de propagaton du progres, des vertus de la lois du marché, de la democratie, etc. etc.
Deuxieme point, en ce qui concerne ta version tres emprunté de marxisme de la revolution francaise (lutte de classe Aristocratie/bourgeoisie) premet moi d'apporter quelques modifications rapides.
Tout d'abord, si l'on faisait une etude sociologique des acteurs de la revolutions et en sa faveur (du moins dans sa phase liberale) tu serais surpris peut etre du nombre d'aristocrate et parmis eux les plus grandes familles de France (par mansuetude peut etre) le uc d'orléans, le duc de durras, le uc de Polignac, le marquis de lafayette, Clermont Tonnerre, Montmorency-Laval, etc. etc.
La generalisation est abusive et largement depassée par les historiens qui ont montré à quel point l'aristocratie, ou une partie d'entre elle, a tenté avant la revolution de reformer etc. etc. Mais je n'ai pas envie de rentrer dans les details car ça n'est pas le propos; et cela pourait tout simplement dire que ça n'est plus une aristocratie et qu'elle s'est dissoult elle meme dans la bourgeoisie.
Le point le plus important c'est que si l'on se place comme tu le fais du coté de l'ethique, l'ethos etant une maniere d'etre, une maniere de vivre, alors l'aristocratie au moins dans sa forme idéale porte en elle une ethique.
Il est d'ailleurs interessant de constater à quel point la Morale était capitale pour Robespierre, Robespierre et sa Vertu...
De plus, le ressentiment habite clairement la plupart des revolutionnaires, je te renvoi à nietzsche pour la volonté de puissance que tu confonds ici avec le ressentiment, son opposition de la morale des maitres (appelons la ethique si tu veux) et morale d'esclave (appelons la Morale) est le processus qui consiste à ceux incapables de s'elever à la morale des maitres de les rabaisser (l'egalitarisme) pour etre au meme niveau. Dans sa forme populaire elle a eu des formes tres particulieres : les sans culottes decapitaient tous les batiments qui depassé par la taille les humbles chaumieres du village (tours du chateaux, eglises) sous pretexte d'arrogance. Voila un exemple parfait.
Si l'on parle en plsu de l'abstraction des droits de l'homme, le prince de Liberté ("pas de libertés pour les ennemi de la Liberté" le chevalier de saint Just) etc. etc. etc. Je pourais faire un cours entier à ce sujet, je me contente juste de quelques pistes .
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